Posté le: Mer Déc 27, 2006 8:13 pm Sujet du message: Les soeurs Brontë
Les elfes de Noël (qui, contrairement au Père du même nom, existent), m'ont apporté le 1er tome de l'intégrale des Brontë chez Bouquins: je me plonge donc dans Villette, je vais savourer très lentement...je n'ai pas compris qui était vraiment l'héroïne, mais j'adore déjà.
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Posté le: Mer Déc 27, 2006 9:16 pm Sujet du message:
J'aime beaucoup Villette. C'est sans doute son meilleur livre (oui, avant Jane Eyre !).
Parlez m'en au fur et à mesure ! Vous en êtes au séjour chez la marraine du début, sans doute, puisque vous hésitez à élire l'héroïne ?
Posté le: Jeu Déc 28, 2006 9:31 pm Sujet du message:
Je me disais que peut-être, elle aurait adapté une narration polyphonique ou à la 1ère personne comme sa soeur dans Hurlevent, mais en fait, non.
J'ai passé le moment où le personnage devient dame de compagnie d'une riche malade. Excellent passage; excellente mort, avec la nuit brumeuse et les souvenirs...
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Posté le: Jeu Déc 28, 2006 10:01 pm Sujet du message:
J'ai toujours trouvé Charlotte Brontë très inégale : il y a des longueurs, des facilités, des naïvetés, et avec ça de merveilleux passages pleins de poésie et d'un étrange souffle.
Je me souviens de ce beau passage de la mort, oui. Il y en a beaucoup d'autres magnifiques.
Mais je ne vous dirai rien... n'espérez pas que je vous révèle qu'à la fin l'héroïne épouse le prince de Galles... non non non, pas question !
Posté le: Sam Jan 13, 2007 2:35 pm Sujet du message:
Myrielle a écrit:
J'ai toujours trouvé Charlotte Brontë très inégale : il y a des longueurs, des facilités, des naïvetés, et avec ça de merveilleux passages pleins de poésie et d'un étrange souffle.
Voilà exactement ce que je ressentais depuis le début: du bon, mais des longueurs. Maintenant, le personnage se rapproche peu à peu de l'instituteur, ça devient beaucoup plus intéressant. Parce que le genre fille molle dont l'amour se trompe d'objet, ça va un chapitre, mais ça lasse.
Posté le: Sam Jan 13, 2007 7:47 pm Sujet du message:
J'en suis au moment où, dans le jardin, Lucy et Paul Emmanuel parlent de la fameuse apparition de la nonne...Très étrange d'ailleurs ce passage, très Charlotte Brontë: il vient de lui révéler qu'il a l'habitude d'observer les jeunes filles du haut d'une chambre, même avec des jumelles! C'est bien d'elle de rendre les messieurs exentriques (voire psychopathes ), comme Rochester qui se déguise en bohémienne dans Jane Eyre.
Je sais que Lucy n'est pas molle, elle réagit vivement parfois, mais elle a un caractère très dépressif, et ça se comprend. J'oublie toujours qu'à l'époque, pour une fille de cette condition, elle se devait de rester à sa place et n'avait pas la légitimité pour l'ouvrir.
Elle est très indulgente avec Graham, le fils de sa marraine, qui ne la considère guère que comme un camarade, une gentille ombre, pas comme une prise; alors que son affection pour lui grandit. Ca crée des passages crève-coeur pour nous, où on ressent avec elle sa solitude, sa "médiocrité"...jusqu'à ce que.
En fait je trouve que tous les duos Lucy-Paul Emmanuel sont très réussis.
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Posté le: Sam Jan 13, 2007 8:09 pm Sujet du message:
Ce Graham, voulez-vous mon avis, aussi charmant qu'il soit... il ne la mérite pas. Zut alors. Là où vous en êtes je me souviens que je redoutais beaucoup qu'elle ne se lie avec lui. J'avais un autre favori ! En avez-vous un ?
Posté le: Mar Jan 16, 2007 1:21 pm Sujet du message:
outsider? n'importe quoi! bien sûr que mon poulain a gagné!
J'ai été un peu surprise par la fin..."nébuleuse", selon ma préface...pas très gai . Mais j'aime beaucoup car ainsi, on fait le parallèle avec Mrs Marchmont (la vieille dame du début, avec son amour de jeunesse perdu), et on peut voir dans sa vie celle de Lucy par anticipation: riche (son école prospère?) mais seule.
J'ai beaucoup aimé les passages à la brontë, ceux qui portent du souffle et qui, je crois, ont précisément lieu dans les moments de crise de la jeune fille, où sa solitude est à un tel point que c'en est insupportable (pendant sa dépression par exemple). J'ai aimé aussi les dialogues entre Paul Emmanuel et elle, souvent violents et réussis, Ginevra l'évaporée (bien plus amusante que la petite Polly), la critique du catholicisme (si impartiale, très naïve!)...J'ai moins aimé les quelques longueurs provoquées par les avis personnels et digressions un peu moralisatrices-tourmentées de Charlotte, et parfois son héros m'a un peu énervé...trop parfait vers la fin, après la peinture qu'on en a eue du début. Enfin, j'imagine que ça fait partie du jeu.
Quand j'aurais relu Jane Eyre dans une bonne édition, je pourrais comparer l'écriture. Mais pour l'histoire, c'est certain, je préfère JA même si Villette m'a bien plu au final.
La prochaine fois, je découvrirai Anne, avec Agnès Grey.
Dernière édition par Laure le Mer Jan 17, 2007 12:00 pm; édité 3 fois
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Posté le: Mar Jan 16, 2007 2:35 pm Sujet du message:
L'éditeur de Charlotte avait tellement insisté pour une fin "heureuse" qu'elle a consenti à laisser planer un peu de doute (quand elle dit, je cite de mémoire, que certains lecteurs peuvent imaginer le retour, puis le bonheur...) et cela embrume un peu le tableau. Mais elle suivait sa logique interne comme il se doit, et heureusement. C'est une très belle fin, je trouve.
Dans Jane Eyre on trouve une autre affirmation de son libre arbitre, quand elle dit au début du chapitre final : "Lecteur, je l'épousai". Ca avait un peu hérissé de son temps, où les jeunes filles n'épousaient pas mais se faisaient épouser.
Ici on trouve aussi une phrase de ce genre, quand Lucy parle des années où elle a vécu seule, en attendant le retour du voyageur et en faisant prospérer sa petite école : elle dit que ça a été "les années les plus heureuses de sa vie".
Anne était très différente de ses soeurs. La même liberté je pense, mais beaucoup plus enrobée, et surtout sans violence. Son "Agnès Grey" est charmant, vous verrez.
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Posté le: Sam Fév 17, 2007 8:20 am Sujet du message:
Vous mettez ça sur le même plan que les livres de ses soeurs ?
Pour ceux d'Anne je cherchais toujours de petits adjectifs : charmants, plaisants, mignons, frais... et votre ligue, je n'adhère pas. Jamais de la vie !
Posté le: Sam Fév 17, 2007 4:49 pm Sujet du message:
Tout à fait charmant. Je ne comprends pas qu'on la déprécie autant à côté de ses soeurs. Evidemment, c'est moins bon. Mais c'est tout de même très agréable à lire, non? C'est charmant, plaisant, frais, oui; mais mignon, non...On sent quand même bien le courant Brontë là-dessous, les souffrances des êtres et les espoirs. En revanche la 1ère partie (dans la 1ère famille) est plus un témoignage qu'autre chose; ça sert pas trop l'histoire. Il y a des petites choses que je n'ai pas trop aimées (la demande en mariage par exemple: le style "j'ai déjà tout arrangé avec votre mère" c'est pas très brontë, ça m'aurait vexée moi mais bon, Mr Weston c'est ni Heathcliff ni Rochester) mais l'ambiance chemins fleuris & jeune fille mélancolique, j'aime bien. J'espère lire son deuxième!
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